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Annexe ii
Annexe ii
Biographie de Philippe de Champaigne
(Bruxelles 1602 - 1674 Paris)
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hilippe de Champaigne naît à
Bruxelles aux Pays-Bas espagnols,
en 1602, dans une famille
d’origine modeste. Dès l’âge de douze
ans, il se forme au métier de miniaturiste,
avant de s’initier au genre du paysage chez
le peintre Jacques Fouquières (1591-1659),
auprès duquel il développe rapidement ses
dispositions artistiques. Il renonce à une
place dans l’atelier de Rubens en raison
du coût de la pension, trop onéreuse
pour ses parents. Il nourrit néanmoins
le projet de se rendre en Italie afin d’y
parfaire sa formation. Probablement à
l’instigation de Fouquières, Champaigne
part étudier à Paris, où il s’installe en
1621. Il se lie rapidement d’amitié avec
le peintre Nicolas Poussin, de huit ans
son aîné, alors peu connu et qui n’a pas
encore entrepris son voyage à Rome.
Vers 1625, il commence à travailler pour
son compte, et seconde Nicolas Duchesne
(actif au début du xviie siècle) dans la
décoration du palais du Luxembourg. En
1628, il est nommé premier peintre de la
reine-mère Marie de Médicis (1575-1642).
Il épouse Charlotte Duchesne, fille de
Nicolas, qui lui donne plusieurs enfants,
mais dont un seul survivra à ses parents.
Champaigne est alors au faîte de sa gloire
et s’impose comme l’un des peintres les
plus réputés du royaume, aux côtés du
peintre Simon Vouet (1590-1649). Il est
d’ailleurs le seul autorisé à immortaliser
le tout-puissant ministre de Louis XIII,
Armand-Jean du Plessis de Richelieu
(1585-1642), en habit de cardinal. Il le
peindra onze fois, dans différents formats
et attitudes (ill. 18).
Quand son fils unique meurt
accidentellement, Champaigne fait venir
de Bruxelles son neveu Jean-Baptiste de
Champaigne (1631-1681) afin de le former
et d’en faire son successeur. Il l’initie
aux pratiques d’atelier, l’emmène sur ses
chantiers, le considère bientôt comme son
propre enfant. Sa dernière fille survivante
devient religieuse à Port-Royal des
Champs, sous le nom de sœur Catherine
de sainte Suzanne. Malgré sa piété,
Champaigne est réticent à la laisser partir,
mais, convaincu par la volonté de sa fille
et les conseils de ses amis, il accepte et
se rapproche peu à peu de la spiritualité
janséniste professée par les religieuses
de Port-Royal. Son style, largement
influencé dans sa jeunesse par l’école
flamande et notamment par Rubens, se
fait de plus en plus austère et dépouillé.
D’une grande rigueur, Champaigne
s’illustre dans tous les genres : paysages,
scènes historiques, et surtout portraits
d’une remarquable acuité psychologique.
Il participe à la décoration du palais
des Tuileries et est nommé professeur