Catalogue-champaigne V240326 1455 - Flipbook - Page 25
... de Philippe de Champaigne (Bruxelles 1602-1674 Paris)
une 昀椀gure et une teste ensemble
dans les règles de la perspective. Les
angles sont si courts que la personne
qu’on peint de près ne peut pas
regarder de ses deux yeux à la fois
l’œil du peintre. Ils vont et viennent
sans jamais être ensemble. C’est
pourtant de leur parfait accord que
résulte l’âme et la vie du portrait.
De là naissent les inquiétudes qui
occasionnent tant de changements
qu’ils font passer le malheureux
peintre pour fou ou tout au moins
capricieux, fantasque ; à la vûe de
tant de dif昀椀cultés l’humeur gagne
l’artiste et, au souvenir de M. Coypel
qui n’a pas rempli les intentions
du Roi, elle s’aigrit et s’éloigne de
beaucoup de choses telles que des
devoirs, des bienfaisances, etc. [...]11 »
radical des yeux –, notre étude 昀椀xe
l’expression et la structure du visage.
Elle permet ainsi au peintre de
déterminer avec précision l’intensité
du regard et l’équilibre des volumes
avant l’exécution de son grand
tableau dans les dernières années
de sa vie. Au-delà de son intérêt
documentaire, cette singulière
ef昀椀gie, d’une acuité psychologique
remarquable, restitue l’intériorité
d’un artiste parvenu au terme de
sa carrière. L’austérité et l’intensité
silencieuse qui s’en dégagent – que
l’on retrouve notamment dans ses
portraits des milieux jansénistes,
auxquels Philippe de Champaigne
fut étroitement lié – constituent
l’une des signatures les plus
reconnaissables de son art.
Peinte à l’huile sur papier, de chic
et avec verve, comme l’ont con昀椀rmé
les analyses en ré昀氀ectographie
infrarouge – qui révèlent notamment
un repentir important sur l’arête
du nez, la présence d’un léger
dessin sous-jacent et un recentrage
Maylis de Cacqueray
11. Extrait d’une lettre de Maurice-Quentin de La Tour (17041788) au marquis de Marigny (1727-1781), le 1er août 1763.
Nous remercions monsieur Christian Michel de nous l’avoir
communiquée.
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