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Réflexions autour de l'Autoportrait disparu...
ill. 5 : d’après Philippe de Champaigne,
Portrait de l’artiste,
vers 1650,
huile sur panneau,
45,7 x 34,4 cm,
Harvard, Fogg Museum.
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昀椀dèles, Paul Fréart de Chantelou,
ingénieur militaire et collectionneur
parisien. Le tableau suscita un vif
intérêt dans la capitale, et il est fort
probable que Champaigne l’ait vu,
sinon directement, du moins par
le truchement de la gravure qui en
diffusa rapidement l’image. Certes,
chez Poussin, l’attitude est frontale,
l’artiste attaque le spectateur avec
assurance et volonté, tandis que dans
notre tableau l’expression est plus
intériorisée, le sentiment domine.
Champaigne porte son regard sur
lui-même plutôt que sur celui qui le
contemple. Est-ce une réplique en
miroir de l’autoportrait de Poussin
ill. 6 : d’après Philippe de Champaigne,
Portrait de l’artiste,
vers 1650,
huile sur toile,
65 × 54 cm,
Grande-Bretagne, The Schorr Collection.
peint près de vingt ans auparavant 5 ?
Il pourrait s’agir d’un hommage –
Poussin étant mort seulement trois
ans avant l’amorce de l’Autoportrait
de Champaigne –, mais il serait sans
doute plus juste d’y voir un écho.
Lorenzo Pericolo a formulé à ce
sujet une hypothèse intéressante 6 :
Champaigne, qui eut l’occasion
d’admirer l’autoportrait de
Poussin vers 1650, aurait réalisé,
sous l’impulsion initiale de cette
5. Louis Marin, Philippe de Champaigne ou la présence cachée,
Paris, Hazan, 1998, p. 18.
6. Lorenzo Pericolo, « Philippe de Champaigne & the Image of
the Artist », Apollo, CLXIV, n° 535, septembre 2006, pp. 44-49.